Quel meilleur endroit pour fêter le nouvel an que la ville considérée comme la plus belle d’Asie du Sud-Est? C’est après deux jours de croisière sur le Mékong depuis la Thaïlande que nous arrivons à Luang Prabang, la « perle du Laos ». Classée au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, nous avons décidé de nous arrêter une semaine pour profiter de la douceur de vivre de l’ancienne capitale du pays. 

Derrière la sérénité du lieu, une réalité antinomique: quand les laotiens font la fête, ils aiment que cela s’entende et se remarque. Il est commun d’observer un groupe d’ami entouré d’enceintes diffusant de la musique à fond. A tel point qu’on peut se demander si ils s’entendent parler… Nous en ferons l’expérience, ce soir du trente-et-un décembre, devant le chanteur de rock du coin chantant à tut-tête accompagné de ses musiciens sur une scène montée pour l’occasion. Je souffre encore, à l’heure où j’écris, d’une tachycardie aiguë…! Alors que de l’autre côté de la rue, le silence est d’or. Une scène de prière nous interpelle, par sa force et surtout, le silence, le respect, la tradition, les odeurs d’encens qui se mêlent dans ce moment magique. Le Wat Mai abrite le bouddha d’Or, exposé à la vénération des foules à l’occasion du Nouvel An.

Entre modernité et tradition, la ville de Luang Prabang se découvre facilement à vélo. Autrefois résidence de la famille royale, la villa coloniale dans laquelle nous logeons en met à disposition de ses clients. Nous sillonnerons la vieille ville et ses nombreux temples, bercée sur une péninsule entre le Mékong et le fleuve Nam Khan. Luang Prabang est la ville qui en abrite le plus au kilomètre carré. On en compterait plus de trois-cents dans toute la ville. Luang Prabang c’est aussi une architecture moderne construite par les colonies françaises. Son paysage urbain, très bien conservé, illustre en toute harmonie le mélange de ces deux traditions culturelles différentes.

Un réveil à l’aube est le passage obligé pour toute personne qui souhaite assister au Tak Bat, la procession matinale des moines. Et cela en vaut vraiment le coup, la quête est un moment très beau avec tous ces moines en robes oranges déambulant dans la ville. Tous les matins, les moines qui ont renoncé à tous biens matériels et qui vivent de l’aumône, s’adonnent à une rituelle quête des offrandes. Ils dépendent totalement de la bonté et de le générosité des donateurs pour se nourrir, se vêtir, se soigner ou se déplacer. Il est préférable de s’installer dans les rues secondaires pour éviter les hordes de touristes. Malgré la sensibilisation des autorités au respect de la tradition, les comportements irrespectueux sont courants.

Nous quittons l’ambiance solennelle du Tak Bat et nous profitons de notre réveil (très) matinal pour visiter le marché du matin. Ce petit marché est le « supermarché » des laotiens qui viennent s’approvisionner en produits alimentaires. On y trouve de nombreuses denrées atypiques comme le sang de boeuf proposé sous forme de cubes gélatineux, du serpent, de la chauve-souris, des insectes grillés (vers, sauterelles, larves d’abeille, grillons, chrysalides de papillons), des abats drapés d’une couverture de mouches, des têtes de porcs caramélisées, et toutes sortes de plantes, de feuilles qui servent à la confection des plats traditionnels. A ne pas manquer, dans la frénésie matinale.

La cuisine lao, vous connaissez? Et bien comme nous sommes d’avis que le voyage passe aussi par l’estomac alors nous avons profité de notre séjour pour suivre un cours. Nous avons découvert les ingrédients typiques de la cuisine laotienne, appris les principes de la cuisine locale, cuisiné et dégusté nos propres plats et nous sommes repartis avec nos livres de cuisine… il ne reste plus qu’à nous y remettre à la maison! Mais ce n’est pas tout. Nous avons aussi profité de la gastronomie française qui s’offre à Luang Prabang.

Et quand la température est trop élevée en ville, il faut en profiter pour s’échapper aux chutes de Kuang Si. C’est un petit paradis naturel en périphérie de la ville. On s’y rendra en tuk-tuk (taxis bariolés à trois roues) après la négociation obligée et un bon bol de soupe de nouilles pour prendre des forces. Kuang Si est une immense cascade qui s’étend sur plusieurs niveaux d’une eau bleu turquoise dans un écrin de végétation luxuriante.

C’est dans une ambiance zen et nonchalante que nous nous laisserons vaquer au reste de nos activités. Le restaurant/bar/terrain de volley/salle de yoga/… Utopia est l’endroit idéal pour se relaxer allongé autour d’un verre ou d’un plat traditionnel laotien avec vue sur le fleuve Nam Khan. Nous profiterons également de l’un des nombreux salons de massage de la ville.