Nous allons relier Shanghai à Pékin en train depuis la gare ferroviaire Hongqioa, la plus grande gare d’Asie. C’est une vraie fourmilière. Nous devons batailler pour ne pas nous faire dépasser dans la file d’attente pour acheter nos billets. En effet, les chinois sont très indisciplinés et peu courtois. Ils n’hésitent pas à jouer du coude. La gare est bien organisée. On se croirait presque dans un aéroport avec des « portes d’embarquement » en fonction de la destination et du numéro du wagon.

Le voyage sera rapide à plus de trois-cents kilomètres heure. Nous avons opté pour le train afin d’admirer les paysages mais là, grosse déception. Nous traversons des paysages plats sans vie, de ville fantôme en ville fantôme, sans aucun intérêt.

Nous serons accueillis par les insultes d’un chauffeur de taxi enragé à l’idée de devoir nous conduire dans les petites rues étroites du vieux quartier de Pékin où nous logeons. De négociations avec notre hôtelier par téléphone en coups de poing sur le volant, nous arriverons tout de même à bon port. Nous logeons dans le quartier de Houhai. C’est l’un des quartiers de Pékin les plus branchés avec ses nombreux bars de style occidental mais aussi de nombreux établissements plus typiques situés au bord de l’eau et offrant des plats plus traditionnels et assez bon marché. Nous terminerons notre journée au bord du lac.

Le lendemain, nous prenons le métro pour Tian’anmen. Il fait très lourd, c’est étouffant. Nous nous retrouvons dans une queue interminable pour rentrer dans la Cité Interdite. Impatients comme nous sommes, nous décidons de chercher une autre entrée. On sent immédiatement le régime autoritaire: contrôles de sécurité, barrières, caméras partout, policiers, militaires,… qui nous observe, nous dirige, nous surveille. Notre impatience nous récompensera, on arrivera à se faufiler par une autre porte. La Cité Interdite représente en réalité le palais impérial construit au quinzième siècle au sein de la Cité Impériale de Pékin. Il s’agit de l’un des palais les plus anciens et les mieux conservés de Chine, qui s’étend sur une superficie phénoménale de septante-deux hectares. En bref, on peut véritablement parler de Cité dans la Cité!

Tristement célèbre pour les manifestations du printemps 1989 ayant entraîné le massacre de milliers de civils, la place Tian’anmen est la troisième plus grande place du monde et s’étend sur plus de quarante hectares. Pour accéder à cet endroit ultra protégé, il faut emprunter des tunnels souterrains et passer les différents portails de sécurité destinés à vérifier le contenu des sacs. De là,  on se retrouve face à la Cité Interdite sur la muraille de laquelle se trouve le portrait géant de Mao Zedong.

Le lendemain, nous visiterons le Palais d’Eté. C’est ici que la famille impériale passait l’été, loin des murs de la Cité Interdite. Bien que seulement quinze kilomètres séparent le Palais du centre de Pékin, il nous semble être dans un autre monde. Ses jardins, ses temples et ses pavillons sont au milieu d’une nature luxuriante au bord d’un magnifique lac. Il a plu. Le soleil fait remonter l’humidité du sol chaud. C’est insupportable. On dégouline. Sans plan, jamais fourni sur les sites touristiques chinois, nous nous perdrons à la recherche de l’entrée du temple. On se baladera au hasard, au bord du lac, en grimpant les pentes douces à flanc de colline à la découverte des nombreux bâtiments et leurs cours.

On terminera la journée au Silk Market, communément appelé le Fake Market aiguiser notre sens de la négociation avant de retourner dans notre quartier manger un canard pékinois.

J’attendais avec impatience notre excursion à la Grande Muraille de Chine. Le highlight de notre séjour à Pékin. Nous avons réservé un chauffeur privé. La première partie du site de Mutianyu se parcours en bus afin d’atteindre le pied de la muraille. De là, on grimpe dans un télésiège rouillé qui grince… on est inquiets mais nous arrivons sains et saufs sur la muraille. C’est impressionnant de se retrouver sur cette structure architecturale la plus importante jamais construite par l’Homme à la fois en longueur, en surface et en masse. Les dernières estimations se montent à six mille sept cents kilomètres. Après avoir arpenté la muraille, nous redescendrons en toboggan!

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons visiter les tombeaux de Ming. Le culte des ancêtres faisant partie intégrante des traditions, les tombeaux sont donc très importants dans la culture chinoise. D’après les rites des Ming, on traite les morts comme les vivants. Les morts ont toujours leurs âmes qui existent et ont encore des besoins comme les vivants. Ainsi, les bâtiments des tombeaux sont des palais impériaux en plus petits avec le mur rouge (symbolisant la terre) et les tuiles jaunes (symbolisant le ciel) signifiant la place supérieure de l’empereur et son pouvoir. Sur les seize empereurs de la dynastie, treize sont enterrés dans une nécropole.

Le soir, nous profiterons d’un spectacle d’ombres chinoises. Notre hôtel promeut cet art et organise des représentations et des ateliers.

Nous tenterons toute la journée de nous débarrasser d’un faux billet de cinquante yuens.

Demain, c’est déjà le retour en Suisse. Nous avons réservé un vol avec escale à Dubaï car je n’ai encore jamais volé en A380.