On y est, on part pour la destination que j’attends le plus depuis notre départ: le Japon. On est devenus des habitués de l’avion et on ruse pour obtenir de bonnes places et si possible, aux sorties de secours. Le tout est d’attendre que tout le monde embarque et de « choisir » les meilleures places restantes. Ce n’est pas toujours un exercice gagnant, cette fois-ci, l’avion est plein à craquer.

Malgré un orage menaçant, l’avion atterri finalement à l’aéroport de Narita. C’est l’immersion immédiate. Même si il est impossible de comprendre quoi que ce soit en japonais, on ne peut que constater que tout est fait pour que le touriste s’y retrouve. Rapidement, on retire de l’argent, on récupère notre Japan Rail Pass (abonnement illimité) et on saute dans un train rapide pour rejoindre le quartier dans lequel se trouve notre chambre. Kotaro, notre hôte, nous attends patiemment à la gare.

Les premiers échanges sont courtois et réciproquement curieux. Les expressions de Kotaro nous font immédiatement penser à un personnage de manga terminant systématiquement ses phrases par des « ohhhhh », « ahhhhh », « mhhhhh » et malgré l’heure tardive, sa femme Kei nous a préparé à manger. On découvrira au fil des jours que Kei est une excellente cuisinière et qu’elle adore faire découvrir sa culture par l’assiette. On mangera une délicieuse soupe de nouilles au porc avec œufs, tempuras d’aubergine et de calamars. On s’endormira rapidement malgré les douleurs à dormir sur un futon à même le sol.

Chaque matin, Kei nous préparera un petit-déjeuné japonais salé, avec parfois: des sushis, de la soupe aux nouilles, des sablés de patate douce, riz et pois fermentés ou d’autres plats authentiques toujours accompagnés de thé vert.

Notre premier jour à Tokyo, on parcourra le quartier de Shinjuku, à l’ouest de Tokyo. Ce quartier est situé autour de la gare du même nom, la première gare au monde. Dès la descente du train, on se retrouve face à ses 3.6 millions de passagers par jour, il ne faut pas être agoraphobe. Le quartier est l’un des plus fréquenté de la ville et a deux facettes: à l’ouest, le quartier des affaires abritant de nombreuses grandes sociétés et la mairie de Tokyo (avec sa vue panoramique 360°) et à l’est, le quartier du divertissement avec les plus grands magasins du Japon, bars, cinémas, restaurants. On y mangera un plat de udon d-é-l-i-c-i-e-u-x! A tel point que nous n’hésiterons pas à traverser tout Tokyo pour revenir y manger et nous exercer à imiter les japonais en aspirant bruyamment ces pâtes les plus consommées au Japon.

Entre la mairie et le temple Hanazono, le Golden Gai est un vestige du vieux Tokyo qui a survécu aux coups de bulldozers et de la frénésie de construction du quartier. C’est un aperçu de ce qu’était la ville et consiste en six petites ruelles étroites, trop étroites pour y passer en voiture, où s’alignent bars et cafés de seulement quelques mètres carrés. Certains bars sont si petits que seulement quatre à cinq clients peuvent s’y tenir dedans. Le décalage architectural est surprenant. Plus au nord, on tombe sur Shomben Yokocho. Cette réplique du Golden Gai n’a pas bonne réputation à cause de son nom, « allée de la pisse » ce qui s’explique par le fait qu’il n’y a qu’un WC dans le quartier et qu’on y boit essentiellement de la bière…

Après avoir fait un voeux au temple Hanazono, on fera l’expérience d’un Neko Café (bar à chats). C’est un concept de bar populaire au Japon qui héberge une quantité de chats de race qu’il est possible de caresser en sirotant un thé vert. En adorateurs de chats, on voulait tester!

A l’ouest de la ligne du Yamanote (ligne ferroviaire circulaire qui délimite le centre de Tokyo), Harajuku fait partie du quartier de Shibuya. Les samedis et dimanche, on y voit les cosplayers déguisés en personnage de manga. La rue Takeshita-dori est un incubateur de tendance et de mode où on y trouve tout ce qui est branché ou japan-pop. On flânera à essayer des accessoires les plus décalés. Nos pas nous amèneront jusqu’aux Champs-Elysées de Tokyo, la célèbre avenue Omotesando. Quelle expérience de terminer notre première journée au fameux croisement de Shibuya à l’heure de pointe… Les jeunes s’y donnent rendez-vous près de la statue du chien fidèle Hachikô. Le chien avait l’habitude d’accompagner son maître jusqu’à la gare tous les matins et lorsque ce dernier est décédé, l’histoire raconte que le chien a continué à parcourir le chemin tous les jours pendant 9 ans.

Affamés, on s’arrête dans un restaurant. Notre quartier n’est pas touristique et nous rencontrons toutes les peines à nous faire comprendre par le serveur. Sans la possibilité de comprendre ce qui est écrit sur la carte, on tend trente yens au serveur et on l’encourage à nous servir pour ce montant sous le regard des clients locaux amusés. Et oui, car malheureusement, les japonais ne parlent pas l’anglais. Il ne nous reste plus que la langue des signes dans ces situations. On arrivera tout de même à nous faire aider par un client venu en voyage de noces en Suisse avec qui nous avons sympathisé. On se laissera alors guidé sur ses conseils sans savoir exactement ce qu’on mange.